“Après d’intenses négociations, un accord pourrait être trouvé entre industriels sur la prochaine phase du programme” du futur système de combat aérien (SCAF), a indiqué le ministère allemand de la Défense dans un communiqué diffusé à Berlin. “L’accord politique sur le SCAF est un grand pas en avant et – surtout dans le contexte international actuel – un signal important de l’excellente coopération entre la France, l’Allemagne et l’Espagne”, a réagi la présidence française dans un communiqué, soulignant que “la France assume le rôle du chef de projet ».
Partage des tâches
“Nous pouvons confirmer que les discussions entre l’industrie et les gouvernements sur la prochaine phase du SCAF ont été fructueuses, ce qui représente une avancée significative pour ce programme phare de défense européen”, a répondu l’avionneur européen Airbus. Maintenant, certaines étapes officielles doivent être franchies dans les pays respectifs, afin de permettre la signature rapide du contrat auquel nous devrons nous conformer. »
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Lancé en 2017, le SCAF, qui comprend également des drones, devrait être opérationnel vers 2040. Fin août 2021, les trois pays concernés, la France, l’Allemagne et l’Espagne, avaient signé un accord prévoyant le financement d’études détaillées de le montant de 3,6 milliards d’euros pour démarrer la construction d’un démonstrateur de vol en 2025. Or, les contrats n’avaient pas été signés faute d’accord sur le partage des tâches entre le constructeur français Dassault Aviation et son principal partenaire, Airbus.
Airbus et Dassault n’ont pas pu s’entendre sur la répartition des tâches sur le “pilier 1” du programme – l’avion de chasse lui-même – car les discussions entre les constructeurs sont au point mort. Airbus s’était montré optimiste lundi quant à un accord avant la fin de l’année avec Dassault.
“Nuage de bataille”
Cet accord substantiel pour poursuivre le programme a été conclu alors que la Première ministre française Elisabeth Bourne est attendue le 25 novembre en Allemagne, où elle rencontrera le chancelier Olaf Scholz. Cette visite sera l’occasion pour Paris de remettre de l’huile dans les rouages du moteur franco-allemand, qu’il avait conquis en matière d’énergie et de défense.
Le programme SCAF est un “système de systèmes” qui s’articule autour de l’avion avec des drones d’accompagnement, le tout connecté, via un “nuage de combat”, aux autres moyens militaires impliqués dans une opération. Il est censé remplacer le Rafale français et l’Eurofighter allemand et espagnol. Le coût total du programme – évalué à environ 100 milliards d’euros – est tel qu’il ne peut pas être réalisé à l’échelle nationale, mais à l’échelle européenne, ont souligné ses partisans.
Cela dit, la coopération de défense franco-allemande peine à se concrétiser dans de nombreux projets, hormis le SCAF : le programme de char de combat principal MGCS, censé être opérationnel vers 2035, reste embourbé dans des rivalités entre le KNDS franco-allemand – auquel il associe le KMW et le français Nexter – et l’allemand Rheinmetall.
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Annonçant fin février une enveloppe de défense de 100 milliards d’euros, M. Scholz a rappelé que le SCAF et le MGCS étaient une “priorité absolue”, malgré l’achat récent d’avions F-35 américains, qui seront principalement utilisés à Berlin pour le transfert de missiles nucléaires américains. dans le cadre des opérations de dissuasion de l’OTAN.
D’autres projets de défense franco-allemands ont connu des ratés voire ont été abandonnés, dont la modernisation d’hélicoptères Tigre, d’un missile et d’un système d’artillerie, au moment où l’invasion russe de l’Ukraine pose la question du renforcement des capacités de défense européennes. En revanche, après lui aussi un long retard à l’allumage, le programme Eurodrone a été communiqué en début d’année à Airbus, son leader industriel.
Le monde avec l’AFP